Avant 1967, la Ferme Prémol et un avion qui atterit

Avant 1967, la Ferme Prémol et un avion qui atterit
Avant 1967, la Ferme Prémol au milieu des champs et... un avion qui atterrit
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21 mars 2014

Henri Duhamel, l'inventeur du ski ?


Henri Duhamel (né en 1853 à Paris, décédé en 1917 à Gières), alpiniste, skieur, photographe, cartographe, historien, écrivain, militaire,  a donné son nom à une de nos rues.
Je vous invite à lire le bel article que lui consacre Daniel Léon, dans la revue l'Alpe n°64, où il semblerait que contrairement à la légende ce ne soit pas  Henri Duhamel qui ait introduit la pratique du ski en France vers 1878, en essayant des skis venus de Scandinavie à Chamrousse... Il n'a commencé à en parler que vers 1908 alors qu'il avait relaté avec soin toutes les tentatives d'utilisation des raquettes à neige dans l'armée.
Ceci dit il a beaucoup travaillé à la promotion des montagnes dauphinoises : Belledonne, Oisans, Vercors, à leur cartographie, à leur photographie,etc.
Il est l'auteur de quelques premières en Oisans : un alpiniste respectable dit-on, même s'il avait déclaré la Meije invincible.
En 1914, Henry Duhamel est affecté au 28e bataillon alpin de chasseur à pieds. Il est chargé d'organiser la formation des troupes se rendant sur le front des Vosges. Officier instructeur sur la base d'un engagement volontaire, il aurait pu poursuivre sa dernière mission militaire jusqu'à soixante-dix ans. Il meurt en 1917 des suites douloureuses d'une chute sur la glace, dans la cour de la caserne de Bonne.
Ci dessous une carte postale de skieurs à Chamrousse que je daterais plutot  des années 1930 ?

17 févr. 2013

Maurice Dodero, photographe exposé au Musée Dauphinois

C'était notre surprise du jour au Musée Dauphinois, croiser Maurice Dodero  (1898- 1959) !


Il s'agit d'une belle expo où notre première découverte a été de voir que ce monsieur était allié à une famille grenobloise illustre et avait quelques ancêtres pionniers en matière de photographie. Et puis j'ai eu une pensée émue pour Madeleine Dodero (la fille de Maurice) que j'avais eue la chance de rencontrer (elle est décédée en 2001)et qui m'avait raconté son père et son souci de la sécurité en montagne. Faut dire que Maurice supervisait la construction des refuges de haute montagne avec femme et enfants. Le Refuge Adèle Planchard, par exemple : 3019 m d'altitude, construit en 1926, tout en bois et sans hélicoptère ! Dans l'expo, il y a "le reportage" en photos fait par Maurice Dodero.


Le nom de l'exposition temporaire c'est :
Photographies de la collection Flandrin
du 9 novembre 2012 au 16 septembre 2013 
"L'exceptionnelle collection de photographies rassemblées par la famille Flandrin et leurs parents les Cassien, Dodero, Lizambert, Ravanat et Villaret est conservée aujourd'hui au Musée dauphinois..."

Allez y ! C'est gratuit et c'est beau et intelligent, comme toujours, dans tous les musées de notre département

28 déc. 2010

Pierre Gaspard, Henri Duhamel et la Meije

Cette plaque est fixée à l'entrée de la chapelle de La Bérarde (commune de St Christophe en Oisans) et elle fait le lien entre deux des alpinistes qui ont donné leur nom aux rues de notre quartier. Boileau de Castelnau, lui était le commanditaire de l'expédition.















Et pour le plaisir, voici à quoi ressemble cette fameuse Meije (3982m)

20 sept. 2010

Inauguration de la Place Maurice Novarina et de l'Espace Chantal Mauduit

Au pied des Tours Duhamel la fanfare Yebarov salue Maurice Novarina.
Il n'y a pas foule : pas sûr que les habitants se soient sentis invités : les affiches étaient toutes petites et peu explicites.
Après le dévoilement de la plaque, la fanfare traversera le Village : peut-être l'avez vous entendue et vue... et oui, c'était pour ça !





















Ensuite il y a eu les discours dont je ne retiendrai que quelques bribes :
- Monsieur le Maire nous assurant qu'il était contre les huisseries blanches en pvc, que celles ci devraient être en bois...
- Les jolis mots de Gilles Novarina, neveu de Maurice, urbaniste lui même, qui pense que son oncle serait fier d'avoir "sa" place dans ce quartier. Il semble n'y avoir que peu de lieux baptisés de son nom comparativement au nombre de quartiers, de monuments qu'il a construits. Gilles Novarina nous a aussi nommé le paysagiste qui a travaillé sur notre quartier : Willem Den Hengst, toujours en activité... A suivre car le luxe de ce quartier ce sont aussi ses aménagements extérieurs.

15 sept. 2010

Inauguration de la Place Maurice Novarina et de l'Allée Chantal Mauduit le 18 septembre 2010

Ce sera au pied des Tours Duhamel de 16h45 à 18h le samedi 18 septembre, en musique...
C'est écrit en tout petit dans un communiqué du  Secteur 6, sur Clin d'oeil n°7, le journal des quartiers Village Olympique et Vigny Musset, je suppose que nous y sommes invités...
Chantal Mauduit était une alpiniste, née en 1964  à Paris et décédée le 13 mai 1998 sur les pentes du Dhaulagiri au Népal . On peut toujours l'entendre parler de sa passion pour le Népal et la montagne sur le net.
Quand à Maurice Novarina, l'architecte de notre quartier, en cliquant sur le libellé "novarina" vous aurez tous les articles de ce blog qui le concernent.

12 août 2010

Les fils de Lionel Terray parlent de leur père alpiniste

Issue d'une vieille famille grenobloise, Lionel Terray est aussi connu pour son sens de la formule : "Conquérant de l'inutile" était le titre de son livre qui est toujours une référence dans le milieu de la montagne. La place Lionel Terray, elle, est au Centre de notre quartier et cet été le Dauphiné Libéré a produit une série d'article intitulée "un air de famille" où vous trouverez notamment une bio express. Cliquez pour agrandir.

14 juin 2010

Le village où est né Christophe Turc

Il s'agit du hameau des Etages, commune de St Christophe en Oisans (38), 1600 m d'altitude. Le torrent est celui du Vénéon. Le Vénéon se jette dans la Romanche à Bourg d'Oisans, la Romanche dans le Drac à Pont de Claix et le Drac dans l'Isère à la sortie de Grenoble... Christophe Turc qui a donné son nom à une école et à une des rues principales de notre quartier était né en 1886 et il était guide de haute montagne et gardien de refuges. Pour en savoir plus, cliquez sur le libellé "turc christophe" ou utilisez l'outil "rechercher".

31 juil. 2008

Place Pierre Lory ou Square du Pas de l'Aiguille ?

Si vous allez sur un de ces sites qui, moyennant le visionnement de quelques publicités, vous disent où trouver une rue, une adresse, vous ne trouverez pas le Square du Pas de l'Aiguille mais, éventuellement, la Place Pierre Lory... Ne parlons pas des cartes de la ville de Grenoble...
Qui était Pierre Lory ?
Il semblerait qu'il s'agisse du géologue alpiniste (1866-1956), fils du géologue alpiniste encore plus réputé Charles Lory (1823-1889) et élève de Pierre Termier...
Ils ont été des pionniers de la géologie alpine et notamment dauphinoise.
A la Bastille une stèle a été érigée à la mémoire de Pierre Lory, Wilfred Kilian et Pierre Termier (ce dernier décédé en 1930), pères de la géologie alpine.
Le plus haut point du Département de l'Isère, le Pic Lory (4088m), juste à côté de la Barre des Ecrins a été conquis en 1880 par Henri Duhamel et les guides Pierre Gaspard, pères et fils... Il me semble que le sommet a été nommé ainsi en l'honneur de Charles...
Quand au fils, Pierre Lory, il a effectué la première ascension du Roc Termier(3078m) le 12 septembre 1894. Le sommet a alors été baptisé du nom de son professeur...
Quand au Col Pierre Lory dans le massif de la Vanoise, je n'ai pas encore trouvé d'élément me permettant d'affirmer qu'il s'agit de notre personnage.

Pères et fils, alpinistes-géologues et guides-paysans, les conversations en haute montagne devaient être passionnantes et passionnées...

Vous en savez plus ? Merci de nous faire part de vos informations ou de vos commentaires.
Et... pourquoi ce petit square a-t-il été rebaptisé ? A l'initiative de qui et quand ?

5 juin 2008

Christophe Turc, alpiniste, guide et hôtelier des cimes, 1886-1952

Christophe Turc et sa femme Malvina à Chamrousse vers 1948-1950
Depuis 200 ans, dans certains villages, les guides de haute montagne poussent comme des champignons. A St Christophe en Oisans, par exemple, il y a de vraies dynasties : les Gaspard, les Rodiers, les Turcs… Christophe Turc, dit Bourbon, né en 1854 au hameau des Etages est l’un d’eux. Mais c’est son fils né en 1886, Christophe, lui aussi, aîné de ses 14 enfants, qui donnera son nom à une rue et une école du Village Olympique. Le fils fait son apprentissage de porteur avec son père. Puis il devient lui-même guide. Les deux Christophe Turc, avec un client anglais, font la première de l’arrête Nord du Râteau en 1907. Le 3 août 1911 avec un client suisse, Christophe Turc, fils, ouvre une voie nouvelle dans la face Sud Ouest du Sirac. Il voyage en Angleterre, en Suisse…
Il fait la guerre de 14 comme sergent dans la première compagnie de skieurs dans les Vosges. Il en ramènera trois blessures et quelques décorations. Il reprend son métier de guide dans l’Oisans. Il doit aussi faire de la transhumance puisque c’est ainsi qu’il rencontre son épouse… Une fille du Massif de Belledonne qui porte un joli prénom : Malvina.
A partir de 1923, il sera gardien de refuge pendant 29 ans dans le massif de Belledonne. On l’appellera familièrement « le Père Turc ».

L’été, il est au chalet de La Pra à 2110 m. C’est encore aujourd’hui, le passage obligé pour qui veut gravir les sommets de Belledonne : la Croix de Belledonne, le Grand Pic, la Grande Lance de Domène, etc. Encore aujourd’hui c’est à 2h30 de marche du premier parking.
L’hiver, il gère le chalet du Club Alpin Français au Recoin de Chamrousse, un peu plus bas à 1620m. Il n’y a pas encore de téléphériques mais de nombreux skieurs qui montent parfois à pied depuis la gare du tram à Uriage… La route n’arrivera à Chamrousse que vers 1948.
Son travail c’est de recevoir les alpinistes et les touristes. Avec sa femme, il fait donc la cuisine, l’entretien, la gestion du ravitaillement (à dos d’hommes ou de mulets)… Certains l’appelaient « l’hôtelier des cimes ». Il n’aimait pas qu’on le traite « d’aubergiste ». A La Pra le vin est acheté un an à l’avance pour pouvoir s’améliorer… On monte les pommes de terre à l’automne et elles passent l’hiver en haut… 30 cordées sont là chaque dimanche, ce qui équivaut à environ 60 à 80 personnes.
Le rôle du gardien de refuge c’est, aussi, de conseiller les alpinistes en ce qui concerne les itinéraires, la météo, de s’inquiéter de leurs projets et de guetter leur retour… A La Pra, il y a le téléphone dès 1939, au moins... Et c’est le « Père Turc » qui fait les sauvetages lorsqu’il y a un accident. 30 ou 38 avant 1936. Les morts et les blessés sont redescendus quelques fois à dos d’homme. Pour cela Christophe Turc sera nommé Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur en 1936.
Le 16 janvier 1952, il meurt brutalement en rechargeant son poêle dans le Chalet du Recoin de Chamrousse. Il y a 20 cm de neige poudreuse dehors. Son cercueil est amené en traineau jusqu’à la route. Plus de 500 personnes assistent à son enterrement et le Dauphiné Libéré titre : « Mort de Christophe Turc, chardon de l’Oisans au cœur d’or ».
Voici comment le Guide Bleu (édition 1939) décrivait les deux refuges gardés par Christophe Turc :
Chalet-hôtel du Recoin (1 620 m ; CAF ; pour skieurs ; fermé l'été ; ouvert dès la neige d'automne ; gérant Christophe Turc, à Saint-Martin-d'Uriage, téléph. : tarifs ; 41 pl. dont 5 lits et 6 couchettes). - Ce chalet-hôtel est situé dans un haut vallon de pâturages, auprès des derniers arbres, au pied de Chamrousse. En hiver il est entouré de magnifiques champs de neige propices au ski. "
Chalet-hôtel de la Pra (2 110m).- Le chalet-hôtel est situé au fond d'un cirque rocheux et dénudé, sur une terrasse abrupte, dans une situation très abritée, au-dessus de la limite des forêts et au milieu d'un paysage sauvage.Le chalet-hôtel (CAF) est géré (fin juin-fin sept.) par Christophe Turc, guide de 1re classe, téléph. 8 à Domène ; (7 ch., 12 lits, dortoir, repos, provisions, taxe d'entrée, tarifs du C.A.F.) Photo ci dessous.Merci à Colette Turc du Musée de l’Alpinisme à St Christophe en Oisans, pour m’avoir mise sur la piste du petit fils…
Mille mercis à Thierry Turc pour m’avoir, si gentiment, prêté les documents qui m’ont permis de rédiger cet article et notamment les photos.

8 mars 2008

Kogan, Gervasutti, Dodero et Gaspard, des noms d'alpinistes

Les rues du Village Olympique portent le nom d’alpinistes et de résistants. Vous trouverez ci-dessous une petite note biographique concernant quatre alpinistes : Claude Kogan, Giusto Gervasutti, Maurice Dodero et Pierre Gaspard. Petite Bibliographie en fin de chapître. En attendant, honneur aux dames !


Claude Kogan

1919-1959

Si elle n’avait pas sa rue au Village Olympique, même moi, je l’aurai oubliée… alors qu’elle m’a fait rêver pendant toute mon adolescence. Claude Kogan était née en 1919 à Paris et elle était couturière et... alpiniste. Elle a réalisé avec son mari Georges Kogan, de grandes courses dans les Alpes et au Pérou. Dès 1949 on la voit grimper en tête de cordée. Le premier sommet conquis par des femmes est le Quitaraju (6100 mètres) qu’elle atteint en 1951 avec Nicole Leininger, dans les Andes. Son mari décède brutalement mais elle continue les expéditions. Elle les finance elle-même par son travail de chef d’entreprise : les Andes, le Caucase, le Groenland, l’Himalaya, enfin, où en 1955 elle est « la plus haute femme du monde » à 7700 mètres … En 1959 elle retourne au Népal avec une équipe internationale, uniquement composée de femmes. Il s’agit d’escalader le Cho Oyu (8153 mètres ), tout près de l’Everest. Alors qu’elle tente l’assaut final avec Claudine Van der Straten, elles disparaissent dans une avalanche, 500 mètres avant le sommet. Claude Kogan avait 40 ans. Moi, je rêve toujours...


Giusto Gervasutti

1909-1946

Si vous avez des chaussures de montagne achetées avant la prolifération des grandes surfaces d'articles de sport, il y a beaucoup de chance pour que sur les semelles soit écrit "Vibram". Le créateur de ces semelles révolutionnaires, était un alpiniste italien nommé Vital Bramini et en 1937, Giusto Gervasutti, est un des premiers à les adopter: elles remplacent avantageusement les espadrilles, les semelles cloutées, voir les pieds nus dans les passages difficiles…
Giusto Gervasutti naît en 1909, dans la plaine du Frioul
en Italie, rien ne le destine à l'Alpinisme. Mais, enfant, il passe ses vacances dans les Alpes où il est impressionné par les torrents, les forêts, l'équilibre précaire des roches ainsi que par les récits fantastiques qu'il entend de la bouche d'un bûcheron. Plus tard, dira-t-il, c'est le plaisir de sentir son corps vaincre la pente qui le fascinera, mais aussi au loin, de hautes tours de calcaire, apparemment inaccessibles: les Dolomites.
A 18 ans, il est dans les Dolomites pour ses premières escalades, 3 ans plus tard il s'installe à Turin et en parallèle avec des études de droit et de sciences politiques, il réussi dans les Dolomites, puis dans le massif du Mont-Blanc les ascensions les plus difficiles de l'époque.
Sa première grande conquête sera, en 1934, avec le Français Lucien Devies, la muraille Nord-Ouest de l'Olan, en Oisans. Ils feront ensemble bien d'autres courses et quelques premières à tel point que le Club Alpin Italien s'en offusque, Gervasutti répond qu'il ne fait pas de la montagne pour la patrie, mais pour lui…
La guerre arrive et les deux compagnons ne peuvent plus grimper ensemble… Avec un autre Italien, Gagliardionne, Gervasutti réalise la première de la face Est des grandes Jorasses en 1942.
Le 16 septembre 1946, ils sont pris par le mauvais temps au Mont Blanc du Tacul, au cours de la descente Gervasutti laisse échapper un brin de corde et il tombe…
En 1947 paraît "
Montagnes, ma vie" de Giusto Gervasutti. Ce livre a été réédité en 1997 sous le titre de "Ascensions dans les Alpes". L'auteur y fait part de son désir, face à l'émotion que lui procure la montagne, de ne pas rester seulement un poète mais d'y agir. Il termine en racontant quelques erreurs de jeunesse, qui, à l'époque, avaient failli lui être fatales et dont la montagne, elle, n'avait pas semblé s'apercevoir...


Maurice DODERO

1898-1959

"La sécurité sera donc toujours dans la multiplicité des points d'assurance, dans une technique prudente et raisonnée, mais qu'il sera d'autant plus facile d'appliquer que l'on aura éliminé un facteur d'une terrible importance : la rupture de la corde", c'est ce qu'écrit en 1951, Maurice Dodero, alpiniste mais aussi docteur ès sciences dont les compétences en électrochimie et électrométallurgie sont reconnues jusqu'en Allemagne. Il vient de mettre au point une norme de solidité pour les cordes d'escalade.
Maurice Dodero a trois passions : sa famille, la science et la montagne et il sait les faire cohabiter avec profit.
Brillant Alpiniste il a gravit dès sa jeunesse, la presque totalité des sommets de l'Oisans en réalisant plusieurs premières.
L'été il part avec femme et enfants
(deux fillettes encore bébés) passer l'été à plus de 2000 mètres d'altitude en tant qu'architecte et directeur des travaux de refuges de l'Oisans et de Belledonne (Adèle Planchard en 1926-1927- voir http://club.ffme.fr/std/histo_pl.htm - et Jean Collet en 1929 par exemple).
En 1938 il reçoit un prix pour une thèse sur l'électrolyse.
Dès 1950, il est vice-président de la Fédération Française de la Montagne.
Il apporte aux autres alpinistes son esprit scientifique et ses qualités de chercheur, toujours au service d'une plus grande sécurité en montagne. C'est lui qui entreprend des démarches pour que la Station Météorologique de Bron communique chaque matin des prévisions météorologique pour les Alpes du Nord, par voie d'affichage, de radio, mais aussi, déjà, par téléphone. Pour qui a connu les dangers que recèle, même en été, la montagne par mauvais temps, ce n'est pas un mince progrès !
Une autre de ses préoccupations vient de la fragilité du matériel d'escalade de l'époque et notamment des cordes en chanvre qui, parfois, cassent net sans prévenir. Il conduit de nombreuses expériences pour mettre au point un appareil permettant de tester leur solidité, expériences qui ont par la suite permis de mettre au point les cordes d'escalades en Nylon modernes… Tous ceux qui, un jour ou l'autre se sont retrouvé
suspendus à une corde (en montagne ou sur un chantier) peuvent avoir une pensée émue pour lui !
Il y a sûrement beaucoup d'autres choses à dire sur l'œuvre de ce Grenoblois
(il était aussi enseignant) car il semble avoir mis opiniâtreté et passion dans tout ce qu'il entreprenait. Très fatigué, affecté par le décès de son épouse, il décédera en septembre 1959 à l'âge de 61 ans.
S'il nous a été difficile de trouver des documents sur cette personnalité qui a marqué, de façon à la fois discrète et solide les pratiques montagnardes, il ne faut pas oublier que les progrès techniques qu'il a initiés servent aujourd'hui non seulement aux alpinistes mais aussi à tous ceux qui travaillent sur des chantiers, en montagne ou ailleurs…


Pierre Gaspard

1834-1915

La Meije, la déesse Meije, apparaît dans toute sa splendeur à quiconque, un jour de beau temps se retrouve sur la route du col du Lautaret, aux alentours de La Grave et alors, je le défie d'oublier sa face Nord, flèche de roc émergeant des glaciers à 3983 m d'altitude.

Pierre Gaspard, dit "le Père Gaspard", ou encore "Gaspard de la Meije", naît le 27 mars 1834 à St Christophe en Oisans. Son père était berger provençal, lui-même est paysan, chasseur de chamois réputé parmi ses concitoyens.
C'est en 1873 qu'il fait sa première course comme guide avec des "clients", il a près de 40 ans. C'est le début de l'alpinisme en Haut‑Dauphiné, de nombreux touristes arrivent des pays anglo-saxons (Coolidge, Whymper,…), de Suisse, d'Autriche ou des villes comme Henry Duhamel. L'Oisans c'est l'Himalaya de l'époque.
En 1876, Pierre Gaspard est le guide de Henry Duhamel, mais aussi d'un jeune homme de bonne famille, nommé Emmanuel Boileau de Castelnau.
Le 20 juillet 1877, avec Boileau de Castelnau, vêtu, comme les alpinistes de l'époque, de bandes molletières, d'habits de drap et de chaussures à clous, il est le premier au sommet du Dôme de neige des Ecrins (4015 m).
Le 16 août 1877, toujours avec Boileau de Castelnau, et le même équipement, il accomplit l'exploit : il conquiert la Meije, par les dalles verticales et les corniches diaboliques de la face sud. La montée a été si longue qu'ils doivent bivouaquer avant de pouvoir redescendre.
Sa renommée est immense, tous les grands noms de l'alpinisme se disputent ses services et il effectuera encore trente premières, notamment la face nord du Pelvoux en 1891…
Il est admiré pour son courage, son obstination, son flegme, sa prudence, mais aussi son humour et… son amour pour la beauté sauvage de la montagne, ce qui n'est pas si fréquent à l'époque! Il est aussi un guérisseur réputé qui intervient toujours gratuitement.
Il forme des guides, notamment ses fils
(il a eu 15 enfants) qui deviendront de grands guides: Maximin, Casimir, Joseph, Dévouassoud. Il monte pour la cinquantième fois environ, à la Meije à 77 ans! Il effectue sa dernière course à 80 ans.
Le 18 janvier 1915 il meurt de vieillesse à St Christophe en Oisans. Sur sa tombe on a mis une roche taillée en forme de Meije, la déesse. Il est le parrain d'un sommet près de la Bérarde, le Pic Gaspard, mais aussi d'une petite place au Village Olympique..








Bibliographie:

- L'Oisans aux 6 vallées. Gabrielle Sentis

- Bavard comme un sentier (balades et rencontres en Belledonne et en Oisans). Jean Pierre Copin

- Les Alpinistes célèbres aux éditions Mazenod

- Gaspard de la Meije, Roger Canac

- Article rédigé par Maurice Dodero pour la revue du Club Alpin Français "la Montagne et L'Alpinisme" en 1951.

- In mémoriam : Maurice Dodero, rédigé par Vincent Deshormières pour la revue du Club Alpin Français "la Montagne et L'Alpinisme d'avril 1960.

- Maurice Dodero, article rédigé par l'école mixte n°2 du Village Olympique dans "Ami Coop", magazine des coopératives scolaires de novembre 1979… Qui se souvient avoir participé à ce travail ?

- Vertical n° 100: 100 ans d'escalade et d'alpinisme

- Les alpinistes célèbres, éditions Mazenod, article de Lucien Devies.



Ce blog a été créé en mars 2008. Depuis les visites et les articles (260) s'accumulent dans un ordre antichronologique, c'est à dire que le dernier article est le 1er visible... Pour mémoire le 1er article concernait la visite de la Tour Prémol construite en 1350 avec une conservatrice du patrimoine spécialiste du Moyen-Age.
Pour naviguer plus confortablement et trouver les articles qui vous intéressent nous vous conseillons
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Il y a aussi , toujours dans la colonne de droite, une bibliographie, des liens externes,
etc.
Dans la colonne de gauche, il suffit de cliquer sur les photos pour les agrandir et voir les détails. Bonne promenade !

Il nous arrive de commettre des approximations, voir des erreurs. Nous en corrigeons spontanément quelques unes.
D'autres ne vous ont pas échappé, dites-le-nous ! Nous sommes ravis aussi de pouvoir compléter d'anciens articles avec des liens que l'on nous a signalés après coup ou des images de meilleure qualité...
Outre les documents nous recherchons aussi des témoignages, des anecdotes, etc.
La charte patrimoniale qui concerne notre quartier est accessible sur le site de la Ville de Grenoble... Elle a été le point de départ de ce blog. Nous y sommes très attachés.